Ton travail ne vaut rien, ou si peu.

Je suis convaincu que beaucoup d’entre vous, (que vous soyez graphiste, web designer, illustrateur, dessinateur ou photographe) ont déjà eut l’impression, après une discussion avec un potentiel client ou recruteur, ou simplement à la lecture d’une offre d’emploi (ou pire de stage), que le fond de la pensée de celui qui vous proposait du travail était que celui-ci ne valait rien, ou si peu !

dollarForce est de constater que pour bon nombre de personnes les métiers artistiques ou créatifs ne sont pas considérés comme étant des métiers à part entière, mais simplement comme des activités extra-professionnelles faites certes par passion mais surtout dans l’amusement et donc ne nécessitant pas ou peu de rémunération.

Ils serait inconcevable d’entrer dans une boulangerie, de commander des viennoiseries et de ressortir de la boutique sans avoir déboursé quelques euros, ni même d’aller chercher 3 baguettes chez 3 boulangers différents et de ne payer, plus tard, que celui qui vous aura fourni le pain que vous considérez le meilleur.

Pourtant ce sont bien là, les situations que les créatifs sont amenés à vivre régulièrement, des propositions, qui adaptées à d’autres corps de métiers semblent être totalement improbables.

  •  Tout photographe a déjà reçu des demandes de photographies dans le but d’illustrer un quelconque livre pour lequel il ne recevrait pour seul salaire que la citation de son nom dans l’ouvrage.
  • Chaque graphiste s’est vu demander des logos pour lequel le client n’a aucun budget.
  • Quel web designer ne c’est pas vu proposer la réalisation de designs payé 50 ou 100 euros.
  • Les intégrateurs (ou développeur front-end) ont de plus en plus de mal à répondre à toutes les compétences qui leurs sont demandées et qui n’entrent pas forcement dans le cadre de leur formation de base.

Ajoutez à cela :

  • Des offres d’emplois dans lesquelles l’employeur recherche un couteau suisse capable de faire le travail de 5 personnes mais payer au smic.
  • Des offres de stage de 10 mois pour lesquelles vous devez avoir 2 ans d’expérience minimum, un bac+2,et fournir un travail de mule qui sera indemnisé 500 euros.
  • Des sites mafieux de crowdsourcing proposant des prestations à prix cassé, non déclarées, à des amateurs , brisant ainsi un peu plus le dur quotidien des freelances et autres indépendants.

Vous avez maintenant une idée (bien douce en vérité) d’une réalité que je qualifierais de scandaleuse.

L’idée de cette article m’est venu avant même l’ouverture de le blog, suite à une discussion sur le sujet que j’avais eu sur un forum (A Do Be GFX qui a fermé ses portes depuis).

Le temps est venu pour moi de vous faire part de quelques-unes de mes expériences personnelles. J’ai décidé d’écrire des articles les relatant, ce billet sert donc d’introduction à cette série.

Voici la liste des différents articles sur le sujet (qui sera mise à jours au fur et à mesure)

N’hésitez pas à laisser en commentaire vos réaction et vos propres témoignages que vous soyez indépendant, freelance, salarier, chercheur d’emploi ou même étudiant.

Pour finir quelques liens de sites traitant du sujet, urgent recherche stagiaire, Ça te fera de la pub, Yatuu illustratrice de bd.

Rodleg

12 réflexions au sujet de « Ton travail ne vaut rien, ou si peu. »

  1. Ping : Avec ou sans vaseline … ça ne passe pas! | Rod-Leg

  2. Ping : Le bon, la brute et … moi | Rod-Leg

  3. Sergent Papers

    Malheureusement une bien triste réalité… Dans le secteur du web c’est le même combat, il faut être webmaster, community manager, développeur, graphiste, référenceur.. et si en plus la personne peut faire le café et réparer les roues de voiture c’est parfait🙂
    As tu pu contacter le pôle emploi belge pour signaler ces annonces frauduleuses ?

    Répondre
    1. Rod Leg Auteur de l’article

      Tout à fait d’accord avec toi, il faut être un vrai couteau suisse, le titre de webmaster lui-même sème la confusion « maitre du web ». Le gros du soucis est aussi qu’on demande de de multiples casquettes mais que sur le contrat le titre de la fonction et souvent (pour ne pas dire toujours) celle qui est la moins rémunérée.
      Je me souviens aussi d’une annonce de « magasinier graphiste » qui avait le buzz sur la toile il y a quelque temps.
      Pour ce qui est du pôle emploi belge (Actiris), j’en avais parlé longuement avec un conseillé lors d’un entretien, mais à part déplorer se genre de pratiques il n’avait pas vraiment de solution.

      Répondre
  4. Xelo

    C’est exactement le même problème en france, je te montre ce site ommonde, louerunetudiant(dot)com
    L’exploitation des étudiants et des stagiaires à son apogée? je pense qu’il seront capables de pire…

    Répondre
    1. Rod Leg Auteur de l’article

      Je connais ce site de « perverting crowdsourcing » comme tu le dis c’est l’exploitation à son apogée, une vrai honte, rien que le titre fait vomir.
      C’est vraiment ce genre de pratiques qu’il faut dénoncer et contre lesquelles il faut luter.

      edit: J’ai retiré le lien vers le site crapuleux , on ne va pas leurs faire de la pub en + 😉

      Répondre
  5. Mathias (developpeur freelance)

    Ajoutez à cela, une annonce que j’ai vu il y a quelques semaines : en gros un stage de 6 mois en plein paris, non rémunéré, pour bac+5.
    Au delà de l’absurdité de la chose, je me demande surtout qui peut vivre 6 mois à Paris sans salaire. Et si une personne le peut, il est à mon avis peu probable qu’elle recherche un stage.

    La chose concrète est que si ce type d’annonce prolifère, il y a bien des gens pour y répondre, et c’est peut-être plutôt ça le problème.

    Par expérience, ce genre de situation provient en majorité des TPE/PME car tout simplement elles ne connaissent pas forcément toutes les subtilités de chaque branche, et pourquoi il y en a autant. Et je pense que c’est également à chacun de nous d’informer ou rediriger le client en fonction de sa demande. Ainsi tous mes devis sont très détaillés, et il est clairement indiqué quand je fais appel à un prestataire tierce et pour quelle raison.

    Pour comparaison, si je veux une maison, je n’irai pas voir un maçon, car on sait *tous* qu’une maison c’est des briques, mais également un toit, une plomberie, un réseau électrique, des fenêtres, etc. Alors que quand le client veut un site web, il veut souvent « juste un site web » et ne sait pas qu’il faut un visuel, un front, un back, un référencement, etc.

    SI je vais voir un maçon et que je lui demande « juste une maison », il est très probable qu’il m’explique (plus ou moins poliment peut-être!) qu’il faut plusieurs expertises, et qu’à lui tout seul il ne pourra pas. Faites donc pareil sur le web !

    Après, quand cela vient d’une agence, c’est un autre problème !

    Répondre
    1. Rod Leg Auteur de l’article

      Merci pour ton commentaire.

      Tu as parfaitement cerné le problème, il y a malheureusement des personnes qui répondent positivement à ce genre d’annonces, néanmoins je ne peux pas les blâmer, surtout les plus jeunes. Même si ils scient la branche sur laquelle il veulent s’assoir, le fait que ces propositions soient tellement fréquentes peut leur faire croire que c’est normal.
      C’est aussi l’objectif de mes articles d’essayer de les prévenir.

      Comme tu le dis un client ça s’éduque, du fait de la relative jeunesse du net peu de gens extérieurs ont de réels connaissances du sujet. Ils savent que c’est important pour eux d’avoir un site mais ne connaissent pas forcement tout le travail à fournir.
      Faire la parabole avec d’autres métiers comme tu le fais permet de faciliter le message😉

      Répondre
  6. i

    Les concepteurs-rédacteurs (en Belgique on dit « copywriters » je crois) connaissent le même problème, en pire peut-être : ils ne fournissent que du texte, donc des mots, donc du vent, pour ces messieurs. « Bah , ce ne sont que des accroches », m’a souvent été dit. J’ai quitté il y a 15 ans le métier, j’étais alors free lance, et payé plus souvent avec des compliments sur mon boulot, qu’avec un chèque. Et le dumping des indépendants qui se lançaient et espéraient se faire une place en travaillant pour presque rien, voire rien du tout, faisait déjà des ravages, même si à l’époque ça ne passait pas par Internet. Seuls s’en sortaient ceux qui, par copinage, étaient le fournisseur officiel d’une administration.

    Répondre
  7. Ping : Un contrat, un salaire ? Tu rêves graphiste! | Rod-Leg

  8. Ping : Du plagiat en veux-tu en voila ! | Rod-Leg

  9. Ping : Qu’est ce que le Perverted Crowdsourcing ? | Rod-Leg

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